"La photographie est une brève complicité entre la prévoyance et le hasard."
John Stuart Mill
John Mayall
Le père du British Blues, une légende intemporelle du Blues.






La première fois que j’ai vu John Mayall en concert, je ne faisais pas encore vraiment de photographie. J’avais bien un Canon 70D en bandoulière, mais j’apprenais seul, à tâtons, en expérimentant les réglages, en découvrant la lumière, en essayant de comprendre le mouvement. Bref, je débutais. C’est sans doute pour cela que les images que j’ai rapportées du “père du British Blues” ne sont pas exceptionnelles. Elles manquent peut-être de maîtrise technique, mais elles portent en elles quelque chose de plus précieux : l’émotion brute d’une première rencontre musicale.
Car voir John Mayall sur scène, c’était assister à un pan entier de l’histoire du blues britannique.
Né en 1933 à Macclesfield, en Angleterre, John Mayall a été l’un des artisans majeurs de l’explosion du blues en Grande-Bretagne dans les années 1960. Multi-instrumentiste (chant, harmonica, claviers, guitare), il fonde au début des sixties les mythiques John Mayall & the Bluesbreakers. Ce groupe deviendra une véritable pépinière de talents, au point qu’on parlera souvent de Mayall comme d’un “découvreur de légendes”.
Parmi les musiciens passés dans ses rangs, on retrouve des noms qui marqueront à jamais l’histoire du rock et du blues : Eric Clapton, Peter Green (futur fondateur de Fleetwood Mac), Mick Taylor (qui rejoindra The Rolling Stones), ou encore Jack Bruce (futur membre de Cream). Peu d’artistes peuvent se vanter d’avoir servi de tremplin à autant de figures majeures.
L’album Blues Breakers with Eric Clapton (1966) est souvent considéré comme l’un des disques fondateurs du blues rock britannique. Il a contribué à imposer la guitare électrique comme instrument central du genre et à populariser le son saturé devenu emblématique de l’époque.
Au fil de sa carrière, John Mayall a enregistré plus de 70 albums studio et live, traversant les décennies sans jamais renier ses racines blues. Il a exploré différentes formations, intégré des influences jazz, acoustiques ou électriques, tout en restant fidèle à l’esprit du blues traditionnel américain qu’il admirait tant. Installé un temps en Californie, il a aussi contribué à faire le lien entre les scènes britannique et américaine.
Ce qu’il a apporté dépasse largement sa discographie impressionnante : il a structuré une scène, transmis une culture musicale, ouvert des portes. Il a été un passeur. Un mentor. Une boussole pour toute une génération.
Alors oui, mes photos de ce premier concert ne sont pas parfaites. Mais elles capturent un moment unique : celui où je découvrais à la fois un monument du blues et, sans le savoir encore, ma propre passion pour la photographie. Parfois, l’imperfection raconte mieux l’histoire que la technique.




















À propos de John Mayall
John Mayall, né le 29 novembre 1933 à Macclesfield et mort le 22 juillet 2024 à Los Angeles, est un musicien britannique de blues. Il est à la fois chanteur, harmoniciste, claviériste, guitariste et auteur-compositeur. Il est considéré comme le père du British blues.




John 2014
Lors de son second passage en 2014, à la Nuit du Blues de Talant, john Mayall était accompagné de son équipe habituelle et de Rocky Athias à la guitare.








Mayall 2017
Moments capturés de la légende du blues britannique lors de son passage au Talant international Blues Festival, le 17 mars 2017.
On retrouve Greg Rzab à la guitare basse, Jay Davenport à la batterie.











